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Rédiger les statuts d'une société : mentions obligatoires

Entreprise

La création d’une entreprise est une aventure humaine et économique stimulante, mais elle repose avant tout sur un socle juridique rigoureux : les statuts. Véritable « constitution » de l’entreprise, ce document contractuel définit les règles de fonctionnement de la société, les rapports entre les associés, ainsi que les relations avec les tiers. Que vous soyez un entrepreneur chevronné ou un résident étranger désireux de lancer votre activité en France, la rédaction des statuts est une étape cruciale qui ne laisse aucune place à l’improvisation. Un document mal rédigé peut non seulement bloquer l'immatriculation de votre société auprès du Guichet unique, mais aussi générer des conflits d'associés paralysants pour l'avenir de votre activité.

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Les règles de fond et le cadre légal des statuts

La rédaction des statuts est encadrée de manière stricte par le Code civil et le Code de commerce. Le non-respect des mentions obligatoires peut entraîner le refus d’immatriculation par le greffe du tribunal de commerce, voire la nullité de la société dans les cas les plus graves.

Le socle commun du Code civil

Quel que soit le statut juridique choisi (SARL, SAS, SA, SCI, etc.), l'article 1835 du Code civil pose les bases de ce que doivent impérativement contenir les statuts de toute société :

> « Les statuts doivent être établis par écrit. Ils déterminent, outre les apports de chaque associé, la forme, l'objet, l'appellation, le siège social, le capital social, la durée de la société et les modalités de son fonctionnement. »

De plus, l'article 1832 du Code civil rappelle que la société est instituée par deux ou plusieurs personnes (ou une seule, dans les cas de l'EURL ou de la SASU) qui conviennent d'affecter à une entreprise commune des biens ou leur industrie en vue de partager le bénéfice ou de profiter de l'économie qui pourra en résulter.

Les mentions obligatoires communes à toutes les sociétés

Pour que vos statuts soient valides et acceptés par l'administration française, ils doivent obligatoirement comporter les éléments suivants :

Les spécificités selon la forme juridique

Au-delà de ce socle commun, chaque forme juridique impose ses propres mentions obligatoires en vertu du Code de commerce.

#### Pour la SARL (Société à Responsabilité Limitée)

Le formalisme est très protecteur et rigide. L'article L. 223-15 du Code de commerce impose notamment :

#### Pour la SAS (Société par Actions Simplifiée)

La SAS brille par sa liberté contractuelle, mais l'article L. 227-9 du Code de commerce impose tout de même de préciser :

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Les démarches pratiques étape par étape

La rédaction des statuts s'inscrit dans un processus global de création d'entreprise. Voici les 6 étapes clés pour mener à bien votre projet :

Étape 1 : La négociation et la rédaction du projet de statuts

Avant de figer les statuts, les associés fondateurs doivent se mettre d'accord sur les clauses clés (gouvernance, répartition des pouvoirs, clauses de sortie). On rédige d'abord un "projet de statuts" non signé, qui servira aux démarches auprès de la banque.

Étape 2 : Le dépôt du capital social

Les associés doivent verser les apports en numéraire sur un compte bloqué (auprès d'une banque, d'un notaire ou de la Caisse des dépôts).

Étape 3 : L'évaluation des apports en nature (le cas échéant)

Si un associé apporte un bien autre que de l'argent (par exemple, un véhicule ou un brevet), il est souvent obligatoire de nommer un commissaire aux apports pour en évaluer la valeur, afin de ne pas léser les autres associés ou les tiers.

Étape 4 : La signature des statuts définitifs

Une fois le certificat de dépôt des fonds obtenu, les statuts sont finalisés, datés et signés par tous les associés (ou leurs mandataires). La signature peut se faire sous seing privé ou par acte authentique (devant notaire, obligatoire si un bien immobilier est apporté à la société). Chaque associé doit recevoir un exemplaire original.

Étape 5 : La publication de l'avis de constitution

Pour informer les tiers de la création de la société, vous devez publier un avis de constitution dans un Support d'Habilitation à Recevoir des Annonces Légales (SHAL) du département du siège social.

Étape 6 : L'immatriculation sur le Guichet unique

Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités de création d'entreprise se font obligatoirement en ligne sur le site du Guichet unique géré par l'INPI. Vous devez y déposer les statuts signés, l'attestation de parution de l'annonce légale, le certificat de dépôt des fonds, et les pièces d'identité des dirigeants accompagnées d'une déclaration de non-condamnation.

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Délais, montants et chiffres clés

La création d'une société implique des coûts incompressibles et des règles chiffrées strictes qu'il convient d'anticiper.

| Indicateur / Formalité | SARL / EURL | SAS / SASU | SCI |

| :--- | :--- | :--- | :--- |

| Capital social minimum | 1 € | 1 € | Aucun minimum légal |

| Libération minimale à la création | 20 % des apports en numéraire | 50 % des apports en numéraire | Selon les statuts |

| Délai de libération du solde | 5 ans maximum | 5 ans maximum | 5 ans maximum |

| Coût moyen de l'annonce légale | 120 € à 150 € (tarif forfaitaire) | 135 € à 160 € (tarif forfaitaire) | 180 € à 210 € (tarif forfaitaire) |

| Frais de greffe (Guichet unique) | Environ 37 € à 40 € | Environ 37 € à 40 € | Environ 66 € |

| Déclaration des bénéficiaires effectifs | 21,41 € | 21,41 € | 21,41 € |

| Délai d'obtention du Kbis | 3 à 15 jours ouvrés | 3 à 15 jours ouvrés | 3 à 15 jours ouvrés |

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Exemples concrets et chiffrés

Pour mieux comprendre l'impact des choix statutaires, analysons deux situations concrètes.

Exemple 1 : La création d'une SAS de conseil par un résident étranger

Situation : Li, de nationalité chinoise et résidant en France sous couvert d'un titre de séjour "Passeport Talent", souhaite créer une SAS de conseil en importation de thé.

Exemple 2 : L'apport en nature dans une SARL d'artisanat

Situation : Marie et Thomas créent une SARL de menuiserie au capital de 15 000 €.

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Les erreurs à éviter lors de la rédaction des statuts

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Foire aux questions (FAQ)

Est-il obligatoire de passer devant un notaire pour rédiger des statuts ?

Non, le recours à un notaire n'est pas obligatoire dans la majorité des cas. Vous pouvez rédiger vos statuts "sous seing privé", c'est-à-dire directement entre associés ou avec l'aide d'un avocat ou d'un service juridique en ligne. Cependant, le passage devant notaire est strictement obligatoire si vous apportez un bien immobilier à la société, car cet apport nécessite une publication au service de la publicité foncière.

Qu'est-ce que la clause d'agrément et pourquoi est-elle importante ?

La clause d'agrément est une disposition statutaire qui soumet la vente ou la transmission d'actions (ou de parts sociales) à des tiers à l'accord préalable des autres associés. Elle est essentielle pour garder le contrôle de l'actionnariat et éviter qu'un concurrent ou un tiers indésirable n'intègre le capital de votre entreprise sans votre consentement. Elle est automatique en SARL mais doit être expressément rédigée en SAS.

Peut-on modifier les statuts d'une société après son immatriculation ?

Oui, les statuts peuvent être modifiés à tout moment durant la vie de la société. Cependant, toute modification (changement de nom, transfert de siège social, augmentation de capital) requiert une décision collective des associés réunie en Assemblée Générale Extraordinaire (AGE), la rédaction d'un procès-verbal, la publication d'une annonce légale et le dépôt d'un dossier modificatif sur le Guichet unique, ce qui engendre des frais administratifs.

Quelle est la différence entre les statuts et un pacte d'associés ?

Les statuts sont un document public déposé au greffe, accessible à tous, qui régit le fonctionnement général de la société. Le pacte d'associés est un contrat d'ordre privé et confidentiel qui lie tout ou partie des associés. Il permet de régler des questions financières ou de gouvernance très précises (comme le droit de veto sur certaines décisions ou les modalités de rachat d'actions) sans que les tiers ou les concurrents n'y aient accès.

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En résumé

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