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Mettre sa société en sommeil : procédure

Entreprise

Vous traversez une baisse d'activité temporaire, vous souhaitez vous consacrer à un autre projet sans pour autant liquider votre structure, ou vous faites face à des difficultés passagères ? Mettre sa société en sommeil est une alternative stratégique particulièrement avantageuse. Souvent qualifiée de « mise en veille », cette procédure légale permet de suspendre l'activité commerciale d'une entreprise tout en maintenant son existence juridique. Contrairement à la dissolution-liquidation, qui signe la mort définitive de la personne morale, la mise en sommeil offre une pause salvatrice. Cependant, cette liberté est strictement encadrée par le droit français.

Voici le guide complet, rédigé par nos experts, pour comprendre le fonctionnement, les étapes et les pièges à éviter lors de la mise en sommeil de votre société.

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Qu'est-ce que la mise en sommeil d'une société ?

La mise en sommeil est une cessation volontaire et temporaire de l'activité d'une entreprise. Durant cette période, la société conserve sa personnalité morale (son existence juridique, son nom, son siège social) mais cesse toute activité commerciale, industrielle, artisanale ou libérale.

Le cadre légal et les conditions de fond

Cette procédure est régie par les dispositions du Code de commerce. Selon l'article R. 123-165 du Code de commerce, la cessation temporaire d'activité doit faire l'objet d'une inscription modificative au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS).

Pour pouvoir mettre sa société en sommeil, plusieurs conditions de fond doivent être respectées :

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Les conséquences juridiques, fiscales et sociales

Mettre sa société en sommeil ne signifie pas qu'elle disparaît des radars de l'administration. Plusieurs obligations subsistent.

1. Sur le plan juridique et administratif

Le siège social de l'entreprise doit être maintenu. Si la société est locataire de ses bureaux, elle doit continuer à payer son loyer, sauf résiliation du bail commercial (ce qui nécessite souvent de transférer le siège social au domicile du dirigeant au préalable).

De plus, le dirigeant reste tenu d'établir les comptes annuels à la clôture de chaque exercice, de convoquer l'assemblée générale d'approbation des comptes et de déposer les comptes au greffe du tribunal de commerce. Toutefois, pour les micro-entreprises et petites entreprises, des mesures de simplification comptable existent.

2. Sur le plan fiscal

3. Sur le plan social

Le sort des charges sociales dépend du statut du dirigeant :

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Les démarches pratiques étape par étape

Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités d'entreprises doivent obligatoirement être réalisées de manière dématérialisée sur le site du Guichet Unique géré par l'INPI.

Étape 1 : La prise de décision

Le dirigeant doit formaliser la décision. Si les statuts l'exigent, il convient de convoquer les associés en assemblée générale. Un procès-verbal (PV) de décision de mise en sommeil (ou de cessation temporaire d'activité) doit être rédigé et signé.

Étape 2 : La déclaration sur le Guichet Unique de l'INPI

Le représentant légal dispose d'un délai de 30 jours à compter de la date de cessation effective de l'activité pour déclarer l'événement sur la plateforme de l'INPI.

Vous devrez y joindre le PV d'assemblée générale (le cas échéant) et remplir le formulaire en ligne de modification d'activité.

Étape 3 : La publication au BODACC

Une fois la formalité validée par le greffe du Tribunal de commerce compétent, ce dernier procède d'office à l'insertion d'un avis au BODACC (Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales). Cette publication permet de rendre la mise en sommeil opposable aux tiers (créanciers, partenaires).

Note : Contrairement à d'autres modifications statutaires, la publication d'une annonce légale dans un Journal d'Annonces Légales (JAL) n'est pas obligatoire pour une mise en sommeil, ce qui limite les frais.

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Délais, coûts et chiffres clés à retenir

Pour planifier efficacement cette transition, voici les données financières et temporelles indispensables :

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Exemples concrets et chiffrés

Pour mieux comprendre l'impact financier d'une mise en sommeil, analysons deux situations distinctes.

Exemple 1 : La SASU d'Antoine (Président assimilé-salarié)

Antoine est président d'une SASU de conseil en informatique. Il décide de mettre sa société en sommeil pendant 12 mois pour accepter un contrat de travail salarié à l'étranger.

Exemple 2 : La SARL de Sarah et Thomas (Gérant majoritaire TNS)

Sarah est gérante majoritaire d'une SARL de prêt-à-porter (soumise au statut TNS). Elle met sa société en sommeil pendant 2 ans pour cause de restructuration familiale. Le siège social est domicilié dans une société de domiciliation.

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Les erreurs à éviter

La mise en sommeil est une procédure simple en apparence, mais elle comporte des pièges juridiques et financiers majeurs :

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Foire aux questions (FAQ)

Puis-je embaucher un salarié pendant la mise en sommeil de ma société ?

Non. Par définition, une société en sommeil n'a plus d'activité économique. Elle ne peut donc pas recruter de nouveaux salariés, ni maintenir des contrats de travail actifs. Tout salarié présent doit avoir quitté l'entreprise avant la prise d'effet de la mise en sommeil.

Comment réactiver une société en sommeil ?

Pour réactiver votre société (on parle de "reprise d'activité"), vous devez effectuer une nouvelle déclaration de modification sur le Guichet Unique de l'INPI. Cette démarche engendre des frais de greffe d'environ 140 €. Vous pouvez également profiter de cette reprise pour modifier l'objet social ou transférer le siège.

Est-il possible de vendre les actifs de la société pendant le sommeil ?

La gestion courante est suspendue, mais le dirigeant conserve le pouvoir d'accomplir des actes conservatoires. La vente d'un actif majeur (comme un fonds de commerce ou un immeuble) est possible mais doit être validée par les associés. Elle marque généralement la fin de la mise en sommeil ou le début d'une liquidation amiable.

Que se passe-t-il pour le compte bancaire de la société ?

Le compte bancaire professionnel doit rester ouvert pour payer les charges récurrentes (frais bancaires, cotisations minimales, impôts résiduels). Il est conseillé de négocier avec votre banque une baisse des frais de tenue de compte, l'activité étant nulle.

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En résumé

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Contenu vérifié par l'équipe éditoriale juridique d'AvocatAI

Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Consultez un avocat pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.