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Passoire thermique : les locations désormais interdites

Logement

Depuis le 1er janvier 2023, le marché locatif français traverse une révolution verte sans précédent qui bouscule les habitudes des propriétaires et des locataires. Face à l'urgence climatique et à la crise du pouvoir d'achat liée à la hausse des prix de l'énergie, le gouvernement a déclaré la guerre aux « passoires thermiques », ces logements extrêmement énergivores classés F ou G sur le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE). Que vous soyez un propriétaire bailleur soucieux de la conformité de votre patrimoine ou un locataire désireux de faire valoir vos droits à un logement décent, ce guide complet rédigé par AvocatAI vous livre toutes les clés juridiques et pratiques pour naviguer dans cette nouvelle réglementation.

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Le cadre légal : qu'est-ce qu'une passoire thermique selon la loi ?

La lutte contre les passoires thermiques s'inscrit dans un cadre législatif précis, principalement issu de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets, dite loi « Climat et Résilience ».

Cette loi a modifié la définition même du « logement décent » au sens du droit français. L'article 6 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs dispose désormais que le bailleur est obligé de remettre au locataire un logement décent, ne laissant pas apparaître de risques manifestes pour la sécurité physique ou la santé, et répondant à un critère de performance énergétique minimale.

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) : l'outil de mesure unique

Pour déterminer si un logement est une passoire thermique, la loi se base exclusivement sur le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE). Réformé le 1er juillet 2021, le DPE est devenu pleinement opposable (il n'a plus seulement une valeur informative). Il classe les logements de A (les plus économes) à G (les plus énergivores) en fonction de leur consommation d'énergie primaire et de leurs émissions de gaz à effet de serre.

Le calendrier progressif de l'interdiction de louer

L'interdiction de louer les passoires thermiques ne s'applique pas d'un bloc, mais selon un calendrier progressif destiné à laisser le temps aux propriétaires de réaliser des travaux de rénovation énergétique.

Note importante : Ces interdictions s'appliquent lors de la signature d'un nouveau contrat de bail, d'un renouvellement de bail ou d'une tacite reconduction. Elles concernent les logements loués nus ou meublés à usage de résidence principale.

Le gel des loyers des passoires thermiques

En complément de l'interdiction de louer, la loi Climat et Résilience a instauré une mesure de sanction financière immédiate. Depuis le 24 août 2022, il est strictement interdit d'augmenter le loyer des logements classés F ou G, que ce soit lors du renouvellement du bail, lors d'une relocation, ou dans le cadre de la révision annuelle basée sur l'Indice de Référence des Loyers (IRL).

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Les démarches pratiques étape par étape pour se mettre en conformité

Si vous êtes propriétaire d'un logement potentiellement énergivore, ou si vous êtes locataire d'un bien qui semble consommer de manière excessive, voici la marche à suivre étape par étape.

Étape 1 : Vérifier la validité et la classe du DPE actuel

La première étape consiste à consulter le DPE du logement.

Étape 2 : Réaliser un audit énergétique (recommandé)

Pour les passoires thermiques (F et G), un simple DPE ne suffit pas toujours à planifier efficacement les travaux. Un audit énergétique, plus complet, permet de modéliser différents scénarios de travaux, d'en estimer le coût précis et d'évaluer le gain de performance.

Étape 3 : Planifier et budgétiser les travaux de rénovation

Pour sortir du statut de passoire thermique, plusieurs types de travaux sont généralement nécessaires :

Étape 4 : Mobiliser les aides financières de l'État

La rénovation énergétique représente un coût important, mais l'État propose plusieurs dispositifs financiers cumulables pour alléger la facture :

Étape 5 : Faire réaliser les travaux par des professionnels RGE

Pour bénéficier des aides financières publiques et garantir la conformité des travaux, vous devez impérativement faire appel à des artisans certifiés RGE (Reconnu Garant de l'Environnement).

Étape 6 : Réaliser un DPE de fin de chantier

Une fois les travaux achevés, faites réaliser un nouveau DPE pour attester de la nouvelle classe énergétique du logement (qui doit être au minimum E avant 2025, puis D avant 2028) et pouvoir légitimement le louer ou réviser son loyer.

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Exemples concrets et chiffrés

Pour mieux comprendre l'impact financier et juridique de ces mesures, analysons deux situations concrètes.

Exemple 1 : Le cas de Marie, propriétaire d'un studio classé G à Paris

Marie possède un studio de 25 m² à Paris, loué 900 € par mois charges comprises. Le DPE réalisé en 2023 classe le logement en G avec une consommation de 490 kWh/m²/an d'énergie finale.

Exemple 2 : Le cas de Jean, locataire d'un appartement classé F à Lyon

Jean loue un appartement de 70 m² à Lyon pour un loyer de 1 100 € par mois. Le DPE annexé à son bail signé en novembre 2022 indique une classe F.

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Les erreurs à éviter

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FAQ (Foire aux questions)

Mon locataire actuel peut-il m'expulser ou arrêter de payer son loyer si mon logement est classé G ?

Non. Un locataire ne peut en aucun cas cesser unilatéralement de payer son loyer (ce qui constituerait une faute grave pouvant mener à la résiliation du bail). Il doit suivre la procédure légale : mise en demeure du propriétaire de réaliser les travaux, puis saisine de la Commission Départementale de Conciliation (CDC) ou du Tribunal judiciaire. Seul un juge peut autoriser la consignation des loyers ou décider d'une baisse du loyer.

Les meublés de tourisme (type Airbnb) sont-ils concernés par ces interdictions ?

Actuellement, la loi Climat et Résilience vise principalement les baux d'habitation régis par la loi de 1989 (résidences principales). Cependant, plusieurs propositions de loi visent à aligner la réglementation des meublés de tourisme sur celle des locations de longue durée pour éviter que les passoires thermiques ne se déversent massivement sur les plateformes de location saisonnière. Plusieurs communes appliquent déjà des restrictions locales, et l'obligation de décence énergétique pour les meublés touristiques est en cours de généralisation législative.

Existe-t-il des dérogations à l'obligation de travaux ?

Oui, la loi prévoit trois exceptions principales où le juge ne pourra pas ordonner la réalisation de travaux :

1. Si les travaux de rénovation énergétique entraînent des modifications de l'aspect extérieur du bâtiment qui sont refusées par l'architecte des Bâtiments de France (monuments historiques, zones protégées).

2. Si les travaux touchent à la structure du bâtiment et mettent en péril sa solidité.

3. Si le coût des travaux est manifestement disproportionné par rapport à la valeur vénale du bien (critère encadré judiciairement).

Que se passe-t-il si la copropriété refuse de voter les travaux d'isolation ?

C'est un cas fréquent et complexe. Si un propriétaire bailleur démontre qu'il a proposé le vote de travaux d'isolation des parties communes en assemblée générale de copropriété, mais que celle-ci a rejeté la résolution, sa responsabilité peut être atténuée. Néanmoins, le propriétaire reste tenu de réaliser tous les travaux possibles au sein de ses parties privatives (changement de fenêtres, isolation intérieure, radiateurs).

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En résumé

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Contenu vérifié par l'équipe éditoriale juridique d'AvocatAI

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